L’intégration des territoires en difficulté : l’ANRU en question ?
ANRU
L’objectif de cet article est de penser et de réfléchir sur les concepts actuels qu’on utilise pour réinsérer un territoire dans un espace global, celui de la ville et de son agglomération.
politique de la ville mulhouse
L’objectif des politiques de la ville…
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Dans une société conçu comme un « marché », l’espace est lui aussi tenu à des tensions. Ces tensions entraînent de part des logiques d’acteurs des césures entre différents territoires dont certains sont relégués socialement et économiquement. La politique de la ville a été mise en œuvre pour remédier à la crise urbaine et sociale que connaît notre société. Son ambition est ambitieuse. Elle peut se caractériser à deux niveaux : des interventions physiques ou sociales dans les quartiers en difficulté, et des actions plus larges touchant toute une agglomération comme les transports, le logement pour répondre aux attentes des habitants et au développement à plus long terme des collectivités.
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…dont les résultats restent difficilement quantifiable
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Les émeutes urbaines de novembre 2005 en France ont fait ressortir (de nouveau) le malaise de certains des territoires nommés banlieues. Ce malaise est-t-il urbain, social ou économique ? Dans ces territoires souvent stigmatisés par des médias avides de sensationnel, une crise identitaire peut également faire parti du lot.
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Urbanisme : le social à l’étroit
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Le programme national de la rénovation urbaine (PNRU) lance de nombreux objectifs qui sont très ambitieux. La politique ainsi mise en oeuvre doit donner un « coup de fouet » salutaire aux politiques territoriales menées depuis plus de 20 ans sur les sites sensibles : les banlieues. Malheureusement, les projets ne s’inscrivent pas dans une vision globale du renouvellement urbain. Le remodelage du bâti prime sur la transformation sociale nécessaire des quartiers.
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Dans l’esprit de ces initiatives, on intervient au nom d’une concentration de problèmes sociaux (que l’on pense atténuer en répartissant sur un territoire plus vaste) apportant de ce fait une réponse par l’urbain aux questions sociales par le retour des classes moyennes dont la proximité spatiale serait génératrice de proximité sociale. Or, dans les constats sociologiques, Chamboredon et Lemaire ont montré le contraire.
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La méthode ANRU est donc à double tranchant. D’un coté elle génère un univers sûr : elle repose sur des engagements, sur des contrats, des crédits sanctuarisés, etc. L’article du Monde du 24 février 2005 montre qu’elle a su s’imposer dans le champ de la politique de la ville. L’idée d’un guichet unique est semble-t-il une idée neuve, simple et rassurante devant la complexité du « faire société ». Mais derrière la simplification des procédures, un problème de méthode prégnant peut entraîner des effets pervers. On observe un affaiblissement de la prise en compte des habitants. Les opérations de démolition peuvent entraîner des situations qui parallèlement peuvent être désastreuse. Le recours à des prestataires extérieurs pour faire fonctionner des « cellules de relogement » n’est pas sans poser problème. En effet, l’on n’est pas loin de penser au système des cellules de reclassement qui interviennent à l’occasion de plans sociaux dans les entreprises. Pourquoi un relogement serait moins encadré du point de vue de la protection du locataire qu’une simple réhabilitation ? Au final, les projets en phase de montage dans le cadre des financements de l’ANRU sont loin de faire l’unanimité. On fait des « compromis » où l’on démolie qu’un bâtiment ou deux sans que l’on donne à voir vraiment en quoi, l’on va, par cet acte, véritablement « renouveler » le quartier. La question de la formulation d’un véritable projet social de territoire est donc toujours d’actualité dans le paysage de la politique de la ville.
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L’esprit de la ville selon J. Donzelot
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Jacques Donzelot dans un article du Monde datant du 14 avril 2006 disait que l’Etat français considérait l’espace urbain comme un « problème » plutôt que comme une ressource mobilisable. Si bien que les politiques publiques se déploieraient au détriment de « l’esprit de la ville ». Le « faire société » ne peut se construire en y imposant la mixité sociale. Il vaut mieux faciliter la mobilité qu’imposer la mixité en augmentant la capacité de pouvoir des habitants à l’occasion des rénovations au lieu qu’ils vivent celles-ci comme une perte de la faible emprise qu’ils ont sur leur vie. On peut également, selon J. Donzelot, augmenter la marge de choix des parents quant à la scolarité de leurs enfants ou accorder les marchés publics aux entreprises qui emploient les jeunes des cités, etc.
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