Faire société : une construction politique ?
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Cet article pose les postulats d’une réflexion personnelle sur la notion de politique et de construction d’un territoire. Certes, cette ébauche n’est pas parfaite. Je ne suis encore qu’un jeune diplômé qui cherche du travail et qui souhaite structurer son esprit sur des questions qui l’intéresse : le territoire. Cette réflexion est venue suite à la lecture d’un article « un urbanisme politique ? » de Benoît.
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Je n’ai pas la prétention de dire une vérité universelle. Je tente seulement une réflexion sur la construction raisonnée et personnelle d’un territoire. Les avis de chacun par des commentaires seront important pour la construction intellectuelle a posteriori de mon raisonnement. Merci d'avance :)
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Territoire et politique : une relation systémique ?
gouvernance
Toute construction d’un territoire est fondamentalement politique. Le politique, au sens large, est le fonctionnement d’une communauté, d’une société. Sa racine vient du grecque polis, « la cité ». Il fait donc référence au collectif. Une politique urbaine efficace est donc un acte politique dans laquelle une co-construction se ferait entre l’élu, le technicien et l’habitant. Nous sommes ici dans un mode de gouvernance politique qui met donc l’homme, dans sa dimension plurielle – philosophe, usager, utopiste, pragmatique – au centre des décisions du « faire société ». La construction de la cité est donc politique car elle repose sur un ensemble de compromis. Il y a donc une relation systémique entre politique et projet urbain.
gouverance
Faire preuve de courage et d’humilité
politique
Rendre compte d’un problème sur la place publique demande souvent du courage. Certains problèmes sont passionnés. Les échanges vifs et parfois difficiles à gérer demande du recul et du temps pour faire acte d’objectivité. C’est ainsi que je parle d’humilité. Rendre compte d’un disfonctionnement urbain, souvent lié à des problèmes sociaux qui eux-mêmes trouvent leurs sources dans un contexte globale qui dépasse parfois la notion de territoire demande de l’humilité. « Faire société » n’est pas une opération facile à mettre en œuvre. C’est une construction lente, méthodique, passionnante, angoissante et co-construite. Faire acte de politique est donc de rendre tous les citoyens responsable de leur cité. Le mot « participer » devient en somme la clef de voûte d’un concept politique du territoire : le collectif doit transcender la notion individuelle des intérêts de chacun. C’est en cela que la pédagogie et la transparence sont indispensables pour rendre possible une construction "politique" d'un territoire. Participer vient du latin participare qui veut dire « prendre part ». Notons qu’il existe deux formes de participation, celle liée à l’action et celle liée à la décision. Chaque acteur est donc, de part sa sensibilité, intéressé par un angle bien précis de la notion de politique, celle d’une participation à l’action et/ou à la décision. C’est aux hommes, au sens large (vous, moi, nous), de prendre part et d’inciter son voisin à cette participation qui lui est propre. Le politique c’est également ça : une émulation collective des problèmes de notre cité. C’est pour cela que le rôle d’accompagnateur, que je pense central dans le cadre des responsabilités que j’aimerais exercer, est important. Mais il est souvent ignoré sur les questions de restructuration des territoires. Les politiques de la ville en sont un exemple.
politique
La notion de politique à travers le prisme des politiques de la ville
urbanisme politique
Nous parlons de concertation collective et de co-construction d’un territoire. Pour autant, la construction politique n’est pas réellement une conception française. Les politiques de la ville ont souvent mis les habitants, premiers usagers des territoires, dans un rôle précis cantonné à être seulement informé des actions qui vont être mises en œuvre. Peut-on voir dans l’échec des politiques de la ville ce déficit « voulu » de participation ? Certes ce discours peut déranger. Mais il faut voir la réalité en face. Nous avons construit des territoires sans les habitants. Nous en payons le prix dorénavant. Segmentation spatiale et sociale des territoires, échecs scolaire, délinquance, etc. Dans mon article « l'intégration des territoires en difficulté : l'ANRU en question ? » nous voyons bien comment des politiques globales de restructurations lourdes pour changer l’image d’un territoire peuvent avoir des effets pervers contre les premiers concernés, les habitants. Ceux-ci sont souvent devant le fait accompli, celui d’obéir à des logiques conceptuelles d’un devenir de territoire. Or, ce devenir n’est pas souvent partagé par les habitants eux-mêmes. Vous allez me dire qu’il y a un contre exemple, celui des associations qui font du lobbying sur des « détails » au détriment de l’intérêt collectif. J’avais publié d’ailleurs un article sur les méfaits du lobbying et de ses effets pervers sur un ton humoristique (merci nono pour ce cadeau, est-ce toi l'auteur ?). L’équilibre entre projet collectif et intérêts individuels est parfois difficile à mettre en œuvre. C’est ici que les notions de pédagogie et de mobilisation doivent intervenir.
urbanisme politique
Rêver pour construire
gouvernance
Construire c’est imaginer. Nous parlions du difficile consensus entre intérêt collectif et individuel. Pour autant, au lieu de les séparer je suis persuadé que ces deux notions peuvent se nourrir mutuellement d’une ingénierie prometteuse. C’est pour cela que je prône activement une une nouvelle gouvernance politique à l'échelle de l'agglomération. Empêcher par exemple les querelles de clocher du fait de stratégie individuelle me semble important dans une Europe qui met en avant la concurrence entre les territoires. Curieusement, je n’ai pas reçu de commentaire sur cet article. Suis-je si décalé que cela ? Je suis convaincu que mes idées pour développer un territoire peuvent déranger, car on m’en a fait le reproche dans deux entretiens d’embauche. Pour autant, comme je le disais, construire c’est imaginer. Sans imagination, un territoire n’avance plus, il se meurt. Le Pays basque espagnol l’a bien compris. La comparaison de Benoît dans son article entre l’urbaniste et le médecin est tout à fait pertinente. La ville est organique. Elle vit. Nous devons avoir une vision globale et non segmentaire des territoires. Chaque espace est en relation étroite de part des échanges sociaux ou marchand (et non marchand). Dénier certains espaces, c’est refuser de concevoir une cité ouverte à tous, vivante et espace de démocratie. C’est en cela que le « faire société » est un projet passionnant.
politique
Même si j’ai appris en sociologie que la notion d’objectivité et de neutralité sont des éléments essentiels pour rendre une réflexion dépourvue de prénotions, nous devons avoir en tête qu’un territoire est un espace vivant (d’où la notion de ville organique). Celui-ci évolue en fonction du temps et des acteurs présents et des mécanismes sociaux qui en découlent. Mais en tant que (futur) professionnel, il faut savoir que nous sommes également des citoyens et donc des usagers d’un ou plusieurs territoires (sans compter notre socialisation qui structure nos comportements). Dans le cadre de mon projet professionnel qui prend sens jour après jour, je dépasse les clivages politiques quand il s’agit de développer un territoire. Mais j’ai mes convictions comme Benoît : développer des logements économes en énergie, développer une gouvernance sociale et écologique au niveau d’une agglomération par des achats responsables, développer des territoires comme des « marques territoriales », intégrer les habitants dans le développement de la cité en amont comme en aval, innover en dépassant les clivages intellectuels et politiques, empêcher le cloisonnement des territoires et donc la ségrégation sociale, lutter contre l’habitat indigne par des dispositifs comme les OPAH, PRI, etc. Toutes ses prérogatives sont des sensibilités et non des faire valoir car dans la construction politique des territoires, le rôle premier des urbanistes, développeurs territoriaux, etc. est d’accompagner. Mais comme le souligne Benoît, le droit à l’impertinence n’est pas exclu.
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Construire ensemble
politique
Que faut-il retenir ? Une ville n’est pas une construction qui vient de l’imaginaire d’une personne, mais d’une logique de concertation. L’urbanisme est donc politique. J’irais même plus loin. Le développement d’un territoire est une construction politique tant sur le plan de la mobilisation et de la concertation des acteurs, mais également un concept de société où chacun à un rôle à jouer pour « faire société ». En un certain sens, je rejoins également Francis Cuillier et son idée de « culture urbaine partagée ».











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