Images de territoires...
Peut-on comparer le mal être des banlieues françaises aux problématiques des ghettos américains ?
segregation urbaine sociale
Souvent on entend nos politiques parler de relégation urbaine. Souvent dans ce discours convenu sous couvert de philosophie politique républicaine on entend également que certains des espaces périphériques nommés banlieue sont en processus de ghettoïsation. Ce terme, souvent galvaudé en France, prend sa source aux Etats-Unis. On compare souvent, et trop facilement, nos banlieues et les ghettos américains. Cette comparaison malheureuse souhaite montrer que certains de nos territoires sont arrivés dans un processus de relégation et d’exclusion urbaine et sociale. Or, la réalité sociale n’est pas toute simple. Nos banlieues ne sont pas des ghettos comme on peut le voir aux Etats-Unis.
mixite sociale
Comparer des formes de territoires distinctes
politique de l'habitat
L’image de marque des ghettos américains et des banlieues tend, dans le sens commun, à devenir un même et identique espace. Pour autant, les ghettos américains et l’évolution des banlieues en France sont deux choses distinctes. Une banlieue en France n’atteint pas le dixième de la taille des grands ghettos américains. La criminalité n’y est pas semblable. On observe 100 assassinats par an pour 100 000 habitants dans les ghettos américains, dix fois plus qu’en Europe. La structure ethnique n’est pas comparable également. Le ghetto américain est uniformément noir. Les banlieues françaises sont diverses dans leur composition ethnique. Autrement dit, c’est le critère économique qui est fonction de relégation en France. Aux Etats-Unis, le ghetto est un outil d’enfermement socio-spatial. Il contient exclusivement des noirs et s’impose à tous, riches ou pauvres. Ces territoires sont des espaces sociaux qui fonctionnent indépendamment des uns des autres. L’Etat a abandonné les zones les plus déshéritées. En France, les territoires comme les banlieues ne sont pas dans un contexte d’enfermement socio-spatial. Les frontières sont poreuses avec des échanges nombreux avec le reste de la ville. L’exemple du renouveau du tram en France permet d’ouvrir d’avantage les banlieues sur les territoires voisins comme le centre ville. L’Etat reste présent par le biais de services publics. En d’autres termes, les ghettos américains et les banlieues françaises reflètent deux visions différentes d’une gestion des territoires. L’une libérale où les flux sont libres, l’autre réglementé par le biais d’outils d’aménagement ou législatif. Nous avons donc à faire à des territoires distincts de part leur gestion et par l’image de marque sociale, ethnique et « d’état d’esprit » au sens de Park.











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