Après la crise des banlieues, la crise des lotissements ?
Lotissement, ségrégation et développement durable : la politique de l’habitat en France est-elle efficiente ?
Dans un article que j’ai pu lire sur Libération.fr, Cristina Conrad, architecte et présidente de l’ordre régional des architectes d’Ile-de-France, mesure les méfaits que les lotissements peuvent avoir sur l’aménagement, la sociabilité, l’état financier des ménages, l’attrait touristique et l’environnement. Je souscris complètement à cet article puisqu’à sa lecture, on mesure tout à fait que la politique de l’habitat en France doit être repensé avec un peu de courage politique. Cristina Conrad défend la rénovation des grands ensembles contre la multiplication des lotissements pavillonnaires. La restructuration des grands ensembles permet l’accès à de nombreux services et fondent en même temps la vie de quartier avec les commerces, les espaces publics, les équipements, des bureaux et du logement mélangés. Aujourd’hui, constate l’architecte, le laisser-faire se généralise au profit d’une multiplication de lotissement qui cumule une ségrégation spatiale, sociale, fonctionnelle et générationnelle. Les lotissements ne sont donc pas une solution pour la politique de l’habitat puisqu’on retrouve le même problème avec les grand ensemble : la monotonie, la répétitivité et l’absence de repère. La question de l’identité est également une problématique qui risque de se poser avec des lotissements qui se ressemblent dans toute la France. L’architecture propre à chaque région est semble-t-il mort au profit des budgets dont il faut respecter l’enveloppe.
Les lotissements se caractérisent par une absence d’espace public en réaction aux problèmes d’insécurité des espaces ouverts des grands ensembles. Le problème d’insécurité des grands ensembles résulte de problèmes sociaux causés par le chômage et la précarité. Le choix des lotissements par le maire résulte, pour Cristina Conrad, d’un manque de volonté politique. Le logement social est souvent mal subventionné et il n’est pas rare que l’organisme HLM demande une session des terrains pour une somme modique voir gratuite. Avec le lotissement, le maire perçoit de l’argent et n’a pas de population socialement fragile et sujet –peut être- à des nuisances. Cela évite aussi au maire de faire de la maîtrise d’ouvrage publique et de prendre des décisions.
L’architecte dénonce aussi la gestion des PLU qui par manque de fonds pour les études génère des résultats sur le terrain peu efficient comme le gaspillage du foncier. Le foncier n’est pas rare, il suffit d’augmenter la densité bâtie. Dans les PLU aux densités faibles, on se retrouve avec un pavillon au milieu d’une parcelle, d’où un gaspillage.
La spéculation foncière et la hausse du pétrole ont en fait des effets bénéfiques puisque cela va ralentir le mode de consommation de l’espace qu’entraînent les lotissements. La maison est donc en fin de compte un produit financier. La maison à 100 000 euros le prouve. On est dans la problématique du produit et non de bien patrimonial.
Enfin, l’aménagement des lotissements pose problème avec leurs impasses et leurs aménagements qui s’apparentent à un entre soi. Une fois construit, il est difficile de refaire le découpage. Il faut donc réfléchir sur un nouveau projet urbain et à une régulation foncière pour empêcher ce type d’habitat qui s’apparente souvent à des morceaux de non-ville et à un aménagement du phénomène de « cocoonisation ».
NB : Le blog de chez Belan, nous montre un document du CAUE du Tarn sur les lotissements.











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