Vive la voiture ?
La France va-t-elle rouler bio ? Après les yaourts bio, l’essence devient un produit labellisé « développement durable ». Comme vous l’avez sûrement entendu, lu et vu, l’E-85 (bioéthanol) est devenu une réalité à la fois économique et environnemental (j’hésite pour l’item géopolitique…acheter moins de pétrole cher au Moyen-Orient peut permettre de moins engraisser certaines milices dangereuses pour nos sociétés occidentales). L’arrivée de l’E-85, avec une part d’éthanol de 85 % pour 15 % d’essence, pourrait changer notre mode de consommation de l’espace. Se déplacer à moindre coût (les biocarburants bénéficient d’une exonération partielle de la TIPP) en rejetant peu de polluant pourrait peut être entraîner une remise en cause des politiques d’aménagement. Imaginez des associations pour « le tout voiture » dénonçant un PDU pour cause du E-85. Revers de la médaille ? Bon ce scénario est très hypothétique, mais l’éventualité existe. Mais dans l’ensemble, l’E-85 participe aux décisions qui vont dans le sens d’une gestion durable de notre environnement.
Autre motif de satisfaction, l’agriculture. Beaucoup de gens voient ce secteur de l’économie comme « non attractif », peu stimulant et pourtant, l’agriculture française est, si je ne me trompe pas, la seconde « puissance agricole » mondiale. Une aubaine ? L’Etat, pour promouvoir la production de l’E-85, pourrait demander des subventions européennes. Mais pour cela, les programmes Leaders intègreront-ils ce type de projet (si quelqu’un le sait, merci de me le dire) ? L’E-85 pourrait relancer l’activité agricole, empêcher la désertification de certaines campagnes, permettre de nouveaux projets en terme de développement local et lancer de nouvelle vocation pour devenir agriculteur.
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Pour autant devenons-nous nous réjouir de cette nouvelle ? Le lobbying pétrolier risque de jouer contre l’E-85. Comme chacun le sait, les pétroliers français favorisent le diesel. Autre interrogation de taille, les véhicules doivent être doté d’un moteur « flex-fuel » qui seul permet le mélange essence/éthanol à un tel pourcentage. Combien cela va coûter pour les automobilistes ? Est-ce que les constructeurs automobiles, notamment français, sont prêts pour cette « révolution » ? Le gouvernement, habitué aux effets d’annonce, est-il prêt à promouvoir ce carburant, sachant que la TIPP rempli grassement les caisses de l’Etat ?











Bon article, en esperant qu'une fois que les Francais serront équipés, l'Etat ne crait pas une taxe sur l'E85, regardez le diesel l'écart n'est pas si grand avec l'essence.
Rédigé par: patrice | 24/10/2006 at 09:40
Pour avoir vu quelques reportages sur le sujet des biocarburants, certaines personnes (des agriculteurs notamment) roulent illégalement avec des essences produites à partir de colza ou huiles de récupération. Ils restent encore marginaux et sont aussi hors la loi, car la France ne permet pas de rouler avec des biocarburants ! Je trouve ca hallucinant, mais que peut-on faire contre le lobbying des industries pétrolières ?
Rédigé par: marouschka | 20/11/2006 at 09:55
En effet, la France a beaucoup de retard notamment dans ses mentalités ou nous sommes encore marqué par le tout automobile et le mirage "gazole"...J'espere que cela va changer...mais les biocarburants peuvent entrainer des effets pervers, on a pu le voir au Brésil avec l'intensification de l'agriculture et des effets néfastes que cela entraine...(déforestation, engrais nombreux, exploitation de la terre, etc.)
Je crois plus au développement des sites propres avec des maillages performants entre les différentes agglomérations permettant de faire relier deux tram communautaire. On peut également développer des structures existantes en les modernisants (l'exemple de la Tangentielle Nord)...
voir ceci aussi : http://guillaumemorin.blogemploi.com/guillaume_morin_weblog/2006/11/mobilit_en_fran.html#comments
guillaume
Rédigé par: guillaume | 20/11/2006 at 13:39
Bioéthanol – ce qu’il coûte et ce qu’il donne
Il faut un peu plus d’un litre d’équivalent pétrole pour produire un litre de bioéthanol.
Ces chiffres s’entendent depuis les labours jusqu’à la dernière distillation.
Il faut un 1,600 litre d’éthanol pour fournir la même quantité d’énergie qu’un litre d’équivalent pétrole.
Où est la bonne affaire ?
Ce n’est pas parce que le monde entier déraisonne qu’on doit refuser tout effort de réflexion, quelle que soit la position sociale ou politique.
Rédigé par: TATARD | 17/07/2008 at 09:08
Cher tatard, cet article date de 2006...à l'époque aucun média ne parlait des "effets négatifs" de ce carburant. Et partout j'ai lu quelques articles avant d'écrire ce post...
Rédigé par: Guillaume MORIN | 17/07/2008 at 09:34