Peut-on parler de fantasme quand on parle de mixité sociale ?
Un terme à la mode : la mixité sociale. Utopies et réalités : où en est la France ?
On désigne par mixité sociale l'objectif d'une politique sociale visant, par l'élaboration des programmes de logement notamment, à faire coexister différentes classes sociales au sein d'une même unité urbaine (quartiers ou commune). Nous pouvons voir à travers certaines politiques territoriales (OPAH, PST, investissement locatif robien, loi SRU) que les objectifs de mixité sont bien réel. Malheureusement, entre les objectifs et les faits, nous pouvons constater des différences. Depuis quelques années, devant la précarité, notamment salariale, le phénomène des banlieues et du malaise "des jeunes", le terme de mixité sociale connaît un certain succès politique.
Cette notion demeure ambigue et floue dans sa définition comme dans son utilisation et les écrits ne manquent pas pour en dénoncer le caractère mythique et incantatoire. De quoi parle-t-on ? De mixité fonctionnelle ou de mixité sociale : les deux aspects sont souvent associés dans l'idée générique de la ville intégratrice. S'il s'agit de mixité sociale quels critères retenir ? L'âge, l'origine ethinique, la catégorie socioprofessionnelle, les revenus des individus ? A quelle échelle territoriale peut s'évaluer la mixité ? à l'immeuble, à la rue, au quartier, à la ville, à l'agglomération ?
On peut considérer que la ségrégation est le contraire de la mixité ? Cette notion de ségrégation a comme intérêt de mettre en évidence des processus logique de mise à l'écart ou d'agrégation. Hors, il en est tout autrement pour cette mixité, qui renvoie au postulat d'une "ville moyenne", pour des "habitants moyens" qui nie ou refuse toute forme de rassemblement ou d'identité. Hors cette norme moyenne n'a jamais était explicitée. Pourtant, certaines études, comme celle de Chamboredon et Lemaire ont montré le caractère néfaste d'une cohabitation entre population différentes dans un même espace résidentiel. Cette cohabitation peut entrainer des manifestations de distance sociale. Par ailleurs, disséminer des populations modestes sur un ensemble de territoire, peut remettre en cause les formes de solidarité locale qui avaient lieu dans un quartier dit "populaire". Dans ce cas précis, la recherche de mixité sociale peut entrainer de nouvelles formes d'exclusions.
Nous sommes donc devant un dilemme qui intérroge à la fois la conduite des politiques urbaines française et, d'autre part, nous conduit tous -politiques comme citoyens- à nous intérroger sur l'intégration républicaine..doit-on conserver notre modèle français ou doit-on, au contraire, nous inspirer du modèle américain ?











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